Face au projet de tri des AESH et de destruction de l’école inclusive : l’heure est à la mobilisation générale

Les masques sont tombés. Les annonces du ministère de l’Éducation nationale lors du groupe de travail du 20 mai 2026 ont provoqué une vague de révolte légitime. Ce n’est plus une simple crise de gestion : c’est l’organisation méthodique de la disparition des AESH et le démantèlement programmé de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Nous devons impérativement créer un choc de conscience collectif : le mardi 9 juin, mettons nos écoles et établissements à l’arrêt !

 

Les deux visages de l’attaque : l’austérité budgétaire et le tri des personnels

D’un côté, le ministère gère la pénurie à coups de rabais budgétaires. Alors que plus de 45 000 élèves se sont retrouvés sans aucun accompagnement à la rentrée dernière, le gouvernement n’a programmé que 1 200 créations de postes d’AESH pour toute la France à la rentrée 2026.

De l’autre côté, pour masquer ce manque cruel de moyens, le ministère passe à la vitesse supérieure en tentant de détruire le métier de l’intérieur. Le projet présenté le 20 mai est une insulte : n’intégrer que 20 % des 140 000 AESH dans la fonction publique (en ciblant arbitrairement les « AESH référent·es ») et abandonner les 80 % restants à la précarité.

Ce plan s’accompagne d’un dynamitage des missions : diviser le corps de métier entre des « assistants à l’accessibilité » (low-cost et partagés) et des agents de socialisation. C’est la fin de l’accompagnement individualisé, remplacé par une logique de saupoudrage et de mutualisation forcée où un·e seul·e professionnel·le devra s’occuper de dizaines d’élèves en même temps.

Pourquoi est-il vital de se mobiliser massivement le 9 juin ?

La résignation n’est pas une option. Se mobiliser le 9 juin est un impératif absolu pour trois raisons majeures :

1. Pour briser le chantage à la précarité et sauver le métier

L’institution maintient délibérément les AESH sous le seuil de pauvreté (des temps partiels imposés, des salaires trop souvent sous la barre des 1 000 €). Aujourd’hui, le ministère ose proposer de travailler au-delà des 24 heures hebdomadaires, y compris pendant les vacances, sans aucune revalorisation du taux horaire ni reconnaissance de la pénibilité.

Le signal d’alarme est rouge vif  : Selon la dernière enquête syndicale, 96 % des AESH déclarent ne pas pouvoir vivre de leur salaire et 48,5 % envisagent purement et simplement de quitter le métier. Si nous ne bloquons pas ce projet le 9 juin, nous assisterons à une vague de démissions massives. Le système va s’effondrer par manque de personnels.

2. Pour défendre les conditions de travail des enseignant·es

L’inclusion sans moyens est une maltraitance institutionnelle qui frappe aussi les personnels en classe. En transformant les AESH en variables d’ajustement qui courent d’un élève à un autre, le ministère laisse les enseignant·es démuni·es face à des situations de détresse scolaire et comportementale ingérables. Se mobiliser le 9 juin pour les AESH, c’est aussi se mobiliser pour la santé au travail de tous les personnels enseignant·es.

3. Pour protéger les droits des élèves et des familles

En installant les PAS (pôles d’appui à la scolarité), le gouvernement veut contourner les notifications de la MDPH. Or, cette notification est un droit opposable : le seul outil légal permettant aux parents d’attaquer l’État en justice pour obtenir l’aide due à leur enfant. Le ministère veut supprimer ce droit pour généraliser le rationnement de l’aide humaine. C’est une rupture d’égalité républicaine sans précédent.

Nous exigeons :

  1. La titularisation de 100 % des AESH dans la fonction publique (catégorie B), sans condition ni critères arbitraires de sélection.
  2. Un temps plein de droit basé sur 24h d’accompagnement hebdomadaire, pour un salaire digne.
  3. Le maintien et le respect absolu des notifications MDPH (un enfant notifié = un enfant accompagné).
  4. Un plan massif de création de postes à la hauteur des besoins du terrain.
  5. Le retrait immédiat du projet de refonte du métier et des PAS.

L’administration mise sur notre épuisement et notre division. Montrons-lui que notre solidarité est entière.
AESH, enseignant·es, parents d’élèves : le jeudi 4 juin, soyons massivement en grève, soyons dans la rue, exigeons le respect de nos métiers et de nos élèves !

Pas une école, pas un collège, pas un lycée sans mobilisation. Réunissons-nous en assemblées générales, informons les parents d’élèves, et soyons massivement dans la rue !