La protection sociale en France représente l’équivalent d’un tiers de la richesse produite annuellement (le PIB), soit près de 1000 milliards d’euros de dépenses pour prodiguer des soins, verser des prestations et des retraites qui sont prises en charge par la solidarité. C’est bien plus que le budget de l’État (600 milliards d’euros).
On comprend les enjeux : à l’heure où les investisseurs cherchent de nouveaux gisements de bénéfices privés, la manne financière que représente la protection sociale aiguise les appétits !
La protection sociale, ce sont d’abord les retraites et la santé. D’un côté, les réformes des retraites réduisent le montant des pensions versées par les régimes par répartition, afin de laisser le champ libre pour la marchandisation, pudiquement nommée « capitalisation ». De l’autre, cette réforme de la protection sociale complémentaire (PSC), qui a pour but de faire de notre santé, et de la prévoyance, des marchandises comme d’autres.
La réforme de la PSC touche maintenant la fonction publique. Tous et toutes les salarié∙es de France auront ainsi une complémentaire obligatoire en santé, en partie financée par l’employeur, et dispensée par des opérateurs privés, parfois marchands et à but lucratif, assurances privées (Axa) ou start up financières (Alan).
Quant aux mutuelles historiques comme la MGEN, elles sont contraintes d’adopter en partie les pratiques de leurs concurrentes commerciales. Dans l’esprit des libéraux, ces complémentaires ont vocation à remplacer progressivement la Sécurité sociale.
La FSU s’oppose à ces évolutions et œuvre pour une Sécurité Sociale renforcée, qui prenne en charge 100% des soins prescrits, selon ses principes de solidarité : « de chacun∙e selon ses moyens à chacun∙e selon ses besoins ». C’est pour cela que nous nous sommes opposés à la loi de transformation de la fonction publique de 2019 et à l’ordonnance de 2021 qui engageaient cette réforme.
L’histoire ne s’arrête pas là, le travail d’information et de mobilisation que nous menons sur le terrain permet une prise de conscience renouvelées des enjeux : la lutte pour la Sécurité Sociale est devant nous.
Pour la FSU, le modèle juste et efficace reste celui d’une Sécurité sociale universelle couvrant 100% des soins prescrits.
VAL D’OISE
