SNUPDEN-FSU : Demande d’audience à monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale

vendredi 3 juin 2022
par  Webmestre FSU-95
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Demande d’audience à monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale 24 mai 2022 par Igor Garncarzyk

Monsieur le Ministre,

Votre nomination marque une rupture à la tête de notre ministère. Cette rupture que le snU.pden-FSU souhaitait ardemment, doit permettre de retrouver un dialogue social franc, respectueux et constructif.

Les cinq dernières années, par-delà la crise sanitaire, ont été très mal vécues par les personnels de direction. Plusieurs facteurs en sont la cause, parmi lesquels nous en ferons ressortir quelques-uns.

Le premier d’entre eux, qui se place au-delà du champ de compétence de votre Ministère est une des conséquences de la loi de Transformation de la Fonction Publique, l’abandon du paritarisme pour les opérations de gestion : mobilité et promotion du corps. Cet abandon a particulièrement transformé les relations et le dialogue social entre l’administration, les organisations représentatives des personnels et les personnels eux-mêmes. Nous sommes en train de mesurer les premières conséquences désastreuses de cette mesure.

Dans le cadre législatif et réglementaire en vigueur, quelques mesures simples permettraient de redonner du collectif et de la transparence aux opérations de gestion du corps. Nous pourrons vous en faire proposition.

L’évaluation des personnels de direction, qui entre dans le cadre commun de l’évaluation annuelle des fonctionnaires, n’est pas sans poser de nombreux problèmes. Le premier d’entre eux est le lien hiérarchique établi entre le chef d’établissement et le chef d’établissement adjoint et de fait l’affaiblissement de la notion d’équipe de direction. Les opérations d’évaluation qui débutent actuellement dans le cadre de la nouvelle procédure montrent, ne serait-ce qu’à travers la diversité des modalités mises en œuvre selon les académies et directions académiques, l’iniquité du dispositif. Nous exigeons la remise à plat du dispositif, notamment dans sa partie relative à l’évaluation des chefs d’établissement adjoints.

La maltraitance appliquée au second degré dans son ensemble au cours de cinq dernières années doit cesser.

Maltraitance envers :

  • Les personnels par le dénigrement du travail réalisé et l’absence de confiance témoignée envers leur professionnalité.
  • Les élèves et les personnels par des réformes insuffisamment préparées et mises en œuvre dans la précipitation (comme en témoignent dernièrement les incertitudes sur le devenir des mathématiques au lycée).
  • Les personnels de direction qui pendant cinq ans ont dû mettre en œuvre des décisions annoncées par voie de presse, avec un cadrage réglementaire tellement tardif qu’il mettait les personnels et l’efficacité des organisations en difficulté.

Les orientations systémiques auxquelles le snU.pden-FSU s’opposent : l’abandon du baccalauréat fondé sur un système d’épreuves terminales anonymes, l’augmentation des postes à profil, l’affaiblissement de la démocratisation au sein des EPLE, l’élargissement du pouvoir du chef d’établissement, l’absence de réelles mesures pour développer les mixités au sein des EPLE, tels sont quelques exemples de ces évolutions que nous récusons.

Enfin la question des moyens humains : l’ambition de notre Ministère, par exemple pour l’école inclusive, nécessite un investissement en moyens humains. Les PIAL, qui pourraient constituer un bel outil au service de l’inclusion, ont été dévoyés au service d’économies d’échelle au détriment de la qualité du service apportée aux élèves relevant du handicap. En l’absence de moyens humains à la hauteur de l’enjeu, la surcharge de travail pour les IEN et personnels de direction en constitue une conséquence directe. Nous pourrions multiplier les exemples par lesquels des moyens à la hauteur des ambitions affichées sont indispensables. Tel n’est pas le cas aujourd’hui.

Afin de poursuivre de manière plus approfondie la présentation nos analyses et vous exprimer nos revendications, nous vous sollicitons pour nous accorder une audience.

Nous savons croire, Monsieur le Ministre, en l’ouverture et en l’espoir portés par votre nomination.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression respectueuse de notre profond dévouement au Service Public d’Éducation.

Bobigny, le 24 mai 2022

Igor GARNCARZYK

Secrétaire général snU.pden-FSU -FSU

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